Dans le premier numéro de Muze (été 2010 – n°60)  nous vous propositions un tour de France des festivals (commander ce numéro). Cette année, focus sur Musilac, un festival savoyard. Pendant 72h, exit la cure thermale et bonjour la cure de rock !

A la mi-juillet Aix-Les-Bains convie les amoureux de la musique. Le petit festival Musilac est devenu grand : il fête cette année ses dix ans et voit grand. Entre 15h à 02h30, trois jours durant, les groupes se relaient sur les deux scènes disposées côte à côte sur l’esplanade du lac du Bourget. A elles seules, elles occupent tout l’espace et se déploient sur 75 mètres de long, quant au public, il se mue en une marée humaine.

Pour le lancement des festivités, Musilac affichait hier complet ! Des artistes aussi prestigieux que Morcheeba, Carlos Santos, Bernard Lavilliers ou encore Angus & Julia Stone ont fait vibrer les premiers festivaliers (75 000 sont attendus) venus se masser au pied de la scène dès l’ouverture des portes. Le tour de champ était savamment orchestré : du rock oui, mais il s’agissait de grimper en intensité au fil des heures. Des rythmes crescendo et des explosions de notes.

Agitate Lips et le groupe écossais Mogwaï a donné le la au retour sur scène de Skye Edwards, la chanteuse du groupe britannique Morcheeba. Vêtue de rouge, entourée d’un léger vent qui lui donnait l’impression de voler, la jeune femme à la voix aussi cristalline que puissante a ravi les connaisseurs de trip hop en rejouant les morceaux qui ont fait le succès du groupe, comme « Blindfold » et en régalant les puristes de titres issus du dernier album : « Blood Like Lemonade ». Après une heure de chant, Morchebaa a entonné « I can see clear now » de Jimmy Cliff et a laissé la place à Angus & Julia Stone, le duo familial (le frère et la soeur) venus d’Australie. Entourés de leurs musiciens, ils ont joué avec la folk et la pop, avec un clavier, un violoncelle, une trompette ou encore un harmonica pour provoquer la détente, l’envol et l’émotion de l’auditoire. Avec leurs mélodies envoûtantes, aériennes, ils ont propulsé les festivaliers dans un autre deux délicieux. Un aparté agréable avant de swinguer avec Asa, reine nigériane d’un rock pop endiablé. La foule était alors de plus en plus compacte, mais les corps se déhanchaient au rythme des invitations de la chanteuse, présente pour la deuxième année sur la scène savoyarde.

Un peu de soul avec le jeune Ben Oncle Soul avant la salsa de Bernard Lavilliers. Dans le public hétéroclite de Musilac, beaucoup l’attendait. Il a fait dansé les femmes, chanter les hommes et tous ont repris les plus célèbres refrains, scandé ses protestations pour plus d’humanité. L’artiste engagé et globe-trotter a tenu ses promesses. Carlos Santana, tête d’affiche incontestée de ce premier soir s’est offert le luxe d’un concert de près de deux heures ! Bien avant les premières notes de guitare du précurseur latino du rock, fans et curieux avaient pris place face à la « scène lac » pour entendre reprises et tubes telle « Europa ». La nuit était depuis longtemps tombée sur les montagnes quand, les tirs d’un feu d’artifice festif ont marqué tant la fin de la prestation de Santana qu’une pause.

The Ting Ting s’est chargé de réveiller les fous de musique avec des titres survitaminés. Ils ne sont que deux (Jules De Martino et Katie White) mais font autant de bruit qu’une armada. Mais attention pas n’importe quel bruit  ! Du bon son mâtiné de rock, de punk et d’électro. Lui passait de la batterie au clavier sans oublier la guitare et elle naviguait d’un bout à l’autre de la scène, balançant ses longs cheveux blonds sur les refrains de « Shut up and let me go » et « Thats Not my Name » qui les ont fait découvrir au grand public.

Les plus courageux restent de danser avec le groupe Scissor Sisters qui, sur un mélange d’électro-disco-rock, proposent des chorégraphies déjantées exécutées avec panache et génie dans des costumes de scène qui évoquent les années 50 et les jeux vidéos !L’apothéose de ce premier jour se fait sur des morceaux 100% électro avec, à 01h30, Bloody Beetroots Death Crew 77.

Pour les 5000 campeurs, il est temps de regagner leur toile de tente et autres pénates. Demain, la journée promet encore de belles surprises sur les rives du lac du Bourget.

Toutes les photos de cette première journée sont à découvrir sur le site / blog de Musilac : http://www.musilac.com/
Il reste des places pour le vendredi 15 et le samedi 16 juillet. Une programmation du tonnerre !

Anne-Laure Bovéron, journaliste

les chorégraphies déjantées
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