En cette deuxième journée de musique en plein air, la programmation avait encore de quoi ravir le plus grand nombre. Nouvelle Vague (avec notamment Mélanie Pain), Eels, dEUS, Lilly Wood and The Prick, AaRON, Gaëtan Roussel, PJ Harvey, The Chemical Brothers, Philippe Katerine et Yelle.

Lilly Wood and The Prick (que vous retrouverez en interview dans le numéro de septembre) ont trouvé un public en forme, malgré un soleil plus chaud que la veille. Cette journée ne se jouant pas à guichet fermé, l’air circulait cela dit davantage entre les festivaliers et la progression d’une scène à l’autre s’avérait plus aisée ! Avec la fraîcheur de leur jeunesse, leur enthousiasme, Ben et Nili, les deux membres du groupe, ont ravi les amateurs de leur musique hétéroclite et délicieuse. Déambulant sous les deux hiboux colorés qui les suit partout, ils ont joué une dizaine de  morceaux tirés de leur premier album « Invicible Friends », dont « Hey’s It’s Ok », « Little Johnny », « My Best » et « This Is A Love Song » (tube repris par Guerlain pour ses spots télés). Nili, toujours très en verve, n’a pas été avare de mots et a avoué sa joie de se produire sur la scène de Musilac. Elle passait d’un instrument au micro, du clavier à la caisse avant d’attraper sa guitare tandis que Ben, en chemise bariolé, a gratté ses cordes. Pari gagné pour le duo français qui chante en anglais un pop acidulée et rythmée.

Soudain, un mouvement de foule vers le lac : AaRON n’allait plus tarder à se produire sur la scène voisine. Ils étaient nombreux à vouloir les découvrir en live. Connus grâce à « U-turn (Lili) » la musique du film « Je vais bien ne t’en fais pas », ils ont su conquérir un large public avec leurs deux albums. Simon et Olivier, entourés de Julie, Côme et Jean-Baptiste, ont eux aussi été ému de rencontrer un public aussi nombreux, vibrant au rythme de leurs titres rock et nostalgique. Tout le brio du duo est de savoir proposer aux spectateurs un échange et des titres réorchestrés pour la scène. Ils n’ont pas failli hier ! Entre les treize titres joués, Simon s’est placé aux commandes du délice de la foule en lui proposant de partager un cri de bonheur, un de ceux qu’il n’est possible d’émettre à plein poumons que dans le cadre de ce genre de communion musicale. Sous le soleil déclinant, bientôt caché derrière les montagnes, la bonne ambiance primait. Il faut dire que le groupe a le génie de l’envol et hier l’émotion a gagné tant l’assemblée que les artistes. De « Seeds Of Gold » à « Birds in the Storm » (incroyable morceau qui, à l’image du concert, impulse une montée en puissance aux notes et aux frissons) en passant par « Blow », « Passengers » ou « Inner Streets », ils ont fait danser, crier, chanter à l’unisson, sourire, dialoguer des milliers de festivaliers. AaRON a su embarquer le public. Simon, toujours aussi sautillant, ressemblait les bras en l’air, a un oiseau. Mais sous le ciel savoyard, la tempête était loin des coeurs. L’heure était aux instants de bonheur.

Gaëtan Roussel, ex chanteur du groupe Louise Attaque a pris la relève avec talent et énergie devant un public conquis et remuant tant les lèvres que les bras. PJ Harvey, à la nuit tombée, a proposé un salvateur moment de calme. Avec son rock mélodieux, la princesse de la scène vétue d’une longue robe blanche et coiffée de plume a hissé la foule vers les hautes sphères avec un medley de chansons de son dernier album, « Let England Shake », et quelques uns de ses titres phares comme « Down By The Water ». Un répit bienvenu et enchanteur avant le show électro qui a débuté après le feu d’artifices sur le lac (plus élaboré que la veille !).

Le feu d’artifices, sonores cette fois-ci, a débuté ! The Chemical Brothers, les maîtres anglais du Big Beat ont littéralement enflammé l’esplanade. Le public a dansé au rythme, éminemment cardiaque, des deux « savants fous » pendant plus d’une heure trente ! Sur la scène, un bataillon de consoles numériques d’où les deux musiciens ont mixé en direct. Par moment, leurs bras se levaient et signalisaient leur présence. Derrière eux, un écran géant sur lequel était projeté des images incroyables invitant tant à l’imagination qu’au délire ! Lumières et lasers ont agrémentés le spectacles. Les cages thoraciques ont vibré à la mesure du cri des baffles déchaînées.

Alors, après cette effervescence de sons plus incroyables les uns que les autres, l’auto-dérision de Philippe Katerine a laissé bien plus de perplexité que d’enthousiasme sur les visages. Arrivé en robe longue digne de celles des cours de Louis XIV, les cheveux ornés d’une fleur rouge typique des andalouses, avant de se changer pour une mini jupe, le chanteur a tout de même récolté quelques reprises de refrain en duo avec le public, notamment sur son titre « 100% VIP ».

A plus d’une heure du matin, la foule s’était déjà pas mal dispersée, mais il restait encore un tour de chant : celui de Yelle. Les campeurs étaient-ils déjà épuisés ? Ou se préservaient-ils pour ne rien rater du dernier jours ? Il faut dire que le dernier jour de concert demande un minimum de forces car Selah Sue, Puggy, Mademoiselle K, Cocoon, Kasabian, Ben Harper (tête d’affiche de la clôture) et Cali (artiste fidèle des Musilac depuis dix ans) monteront sur scène.

En attendant, Internet regorge déjà de vidéos amateurs des précédents concerts et les photographes de Musilac ont posté leurs clichés sur le site officiel du festival.

Texte & photos : Anne-Laure Bovéron, journaliste

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Lilly Wood & The Prick

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AaRON


The Chemical Brother

Un extrait du concert des Chemical Brothers. Attention aux oreilles !


The Chemical Brothers – Musilac – 15 juillet 2011 par muze-la-revue

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