La guerre est déclarée de Valérie Donzelli : intensément lumineux ! Ce récit du cancer d’un nourrisson, de la bataille de ses parents et de sa guérison (annoncée dès le début du film et même dans la bande-annonce), offre une ode à la vie, une hymne au désir de vivre, malgré les coups du destin.

Juliette et Roméo s’aiment comme au premier jour. Et comme dans un conte de fée, la naissance d’Adam vient accroître leur bonheur. Jusqu’au jour où le diagnostic tombe : une tumeur envahit le cerveau de l’enfant. Juliette et Roméo sont propulsés dans la peur, l’incertitude, l’incompréhension. Bien décidés à ne pas se laisser duper par la fatalité du sort, ils entrent en guerre, épaulés par leur armée personnelle (famille, amis, mais aussi soignants). Aimants et imparfaits, secoués par l’angoisse, ils posent des règles, s’exhortent à tenir debout, s’en remettent aux médecins. Entiers et déstabilisés, ils s’ancrent dans leur rôle de parents et se concentrent sur le bien-être d’Adam.

Pour couper court aux interrogations : oui, le film est autobiographique. Oui le couple à l’écran l’était à la vie. Oui, l’enfant de la plage est le leur. Pour autant, loin de se plaire dans l’observation de leur tragédie intime, Valérie Donzelli (Juliette) et Jérémie Elkaïm (Roméo) ont transcendé le récit personnel et fait voler en éclats la complainte dans la douleur. Ils ont ouvert leur histoire à une dimension plus grande que celle du cercle familial. Dans les mots et sur les visages de Juliette et Roméo, la peine, l’abandon n’ont pas le droit de cité. Si ces sentiments se fraient un chemin, c’est pour être plus violemment combattus par le retentissement d’un rire la minute suivante. Bien sûr l’émotion et les larmes sont évidemment présentes (à l’écran comme dans la salle), cependant elles n’entachent jamais la rage de vivre, et de vaincre des personnages principaux.
Par un choix de narration original (le scénario a été co-écrit avec Jérémie Elkaïm), par un tempo soigné et par le surgissement d’une énergie envoûtante, la réalisatrice a évité tous les écueils du genre autobiographique. Difficile de classer La guerre est déclarée : comédie, mélodrame, tragi-comédie… Qu’importe. Elle signe un second long-métrage sensible, ravageur et apaisant. A ne pas manquer !

La petite info en plus : le film, qui a fait l’ouverture de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2011, a non seulement été tourné avec un budget modeste, mais qui plus est, sans caméra. Toutes les images ont été réalisées avec un appareil photo !

Anne-Laure Bovéron, journaliste

Bande annonce du film, déjà en salles.

Extraits musicaux de la remarquable bande son du film :
Laurie Anderson, O Superman et Peter von Poehl, The bell tolls five

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