Depuis quelques mois, les films centrées sur la jeunesse contemporaine pullulent sur les écrans : Un amour de jeunesse de Mia Hansen-Love, Submarine de Richard Ayoade ou encore le troublant NEDS de Peter Mullan et bien d’autres encore. Depuis la semaine dernière, les scénarios se penchent sur la part féminine de cette jeunesse. C’est le cas du brillant et délicat La Brindille d’Emmanuelle Millet et de l’attendu Restless de Gus Van Sant .

La Brindille (voir la bande-annonce)
Sarah, 20 ans, vit seule à Marseille dans un foyer de jeunes travailleurs. Le soir venu, elle délaisse les couloirs animés par les cris de ses alter ego pour exercer son aptitude au dessin. Solitaire, mais en marche, la jeune femme trace son sillon. Son stage dans un musée est sur le point de se transformer en contrat, elle nourrit mille espoirs.Enfin, Sarah prend son envol. C’était sans compter sur la découverte, à 6 mois, d’une grossesse passée inaperçue. Il est trop tard pour avorter. Pourtant, Sarah ne souhaite aucunement devenir mère à 20 ans à peine.
Un magnifique film sur le déni de grossesse et l’accouchement sous X, thèmes rarement traités au cinéma. Le ton est juste, l’héroïne terriblement vivante, déterminée à choisir la destinée de sa vie,  son devenir de mère. La réalisatrice, pour son premier long-métrage, a su éviter le sentimentalisme et les jugements sur ces sujets de société qui prêtent souvent à des débats enflammés. Christa Theret (vu dans LOL, Le bruit des glaçons, Mike… ), du haut de ses 20 ans, subjugue par la précision de son jeu et des émotions qu’elle offre jusque dans le touchant mutisme de son personnage.

 

Restless (voir la bande-annonce) a ouvert la sélection « Un Certain Regard » du Festival de Cannes 2011.
Anabel, atteinte d’une tumeur au cerveau en phase terminale et Enoch orphelin déscolarisé, attiré par la mort se rencontrent lors d’un enterrement. Ils sont l’opposé l’un de l’autre tant Anabel célèbre la vie qu’Enoch fuit. Lui semble loufoque et habité par les ombres, elle ne parle que de la puissance de l’existence et de la nature. Petit à petit, elle apprivoise l’étrange oiseau Enoch et ensemble ils s’inventent de nouveaux rituels. En apprenant l’inéluctable décès d’Anabel, le jeune homme, fort de son savoir en matière de disparition, s’engage à l’accompagner. Ils vivent trois mois intenses, teintés d’attachantes bizarreries.
Un film fantasque et décalé. L’enchantement fonctionne malgré un scénario qui se laisse deviner. Par le ton du film, par les jeux de ces enfants et même par leur univers aux tenues vintage, Gus Van Sant plane au-dessus de toutes mièvreries et propose un film délicat qui marche sur les fils de la beauté de la vie, qui scintille précisément à la lumière de sa finitude. Le destin tragique d’Anabel est porté par le sourire et le jeu de Mia Wasikowska (ex Alice de l’Alice au pays des merveilles de Tim Burton) et par les blessures ouvertes d’Enoch (Henry Hooper).
Gus Van Sant est le réalisateur du célèbre Elephant et de Paranoid Park, l’adaptation du roman éponyme de Blake Nelson.

 

Un autre film de la même catégorie fait également parler de lui : le grec Attenberg de Athina Rachel Tsangari. Il fera peut-être l’objet d’une nouvelle chronique, si les rumeurs ne mentent pas…

Anne-Laure Bovéron, journaliste

 

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