L’ovni a encore frappé. Björk vient de sortir Biophilia, son neuvième album (Polydor). Un album attendu et qui s’est fait attendre dans les bacs.

Résolument technologique, Biophilia rappelle Vespertine par ses sonorités et s’inscrit dans la lignée des précédentes créations conceptuelles, telles Medulla. La chanteuse islandaise, avant-gardiste et inclassable tant sa musique puise dans différents registres (pop, électro, underground, trip-hop, punk ou jazz), a encore innové en mettant au point des instruments spécifiques pour réaliser cet album minimaliste, épuré, un brin répétitif aussi.
Dès l’annonce de ce nouvel album, Björk a expliqué l’envergure de son projet (un projet d’ailleurs entièrement réalisé sur tablette numérique), envisagé comme une expérimentation globale, comme une plongée dans l’univers (et par là-même dans l’inhumain). Il regroupe applications iPad, ateliers de création musicale et bien sûr live hallucinatoires aux quatre coins du monde, comme au Manchester International Festival, en juillet dernier). Plusieurs titres et démonstrations d’application sont déjà dévoilés sur son site. Björk a même appelé les internautes à pirater son disque. Biophilipa s’inscrit donc de plein pied dans l’ère technologique. Cet album participe au désir de la chanteuse « d’explorer le fonctionnement du son, l’étendue infinie de l’univers, des systèmes planétaires aux structures atomiques ».
Cristalline a été le premier titre, des treize que compte l’album, a circulé sur le net. Pas révolutionnaire, pas du gabarit de ses précédents succès tels Bachelorette diront certains, mais efficace ! Il faut dire que depuis plusieurs années, l’artiste fait d’une thématique le fil conducteur de ses albums, sans chercher le succès commercial de ses débuts. Il y a dans cet album quelque chose du face à face, entre la voix de l’artiste (et à travers de l’homme) et les instrumentations déshumanisées. Rencontre, lutte, échange, apprivoisement, autant de voies empruntées par Björk en 50 minutes de traversée musicale.
2011 est pour Björk l’année de la voltige, tant sa voix très maîtrisée se fait aérienne, tant les sonorités cristallines qui viennent lui répondre de titres en titres sont présentes. L’album est soigné, pointu, séduisant, mais il pourrait bien déboussoler ceux qui espéraient un retour à l’émotion.

Cristalline, le premier extrait de Biophilia. Le clip est réalisé par Michel Gondry.

 

Anne-Laure Bovéron, muze

Retrouvez Björk sur son site, sur facebook et sur youtube.

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