Cette année, elle aura relevé tous les défis : maîtresse de cérémonie au festival de Cannes, chanteuse avec un album intime En t’attendant, (Atmosphériques) et réalisatrice d’un long-métrage (elle s’était déjà essayée au court-métrage avec De moins en moins et A ses pieds en 2008).  Avec Les adoptés, Mélanie Laurent, 28 ans dont 15 de carrière sur les écrans, s’affirme aux côtés de réalisatrices telles Maïwenn ou Valérie Donzelli dont 2011 a confirmé le talent.

La bande-annonce est un peu bavarde. On y décèle l’intrigue assez facilement, bien que des surprises étayent l’heure quarante-deux de film. Dans ce premier essai, Mélanie Laurent a réussi à dessiner un univers dense, chaleureux, profondément humain. Une bande-son délicate, signée Syd Matters, couronne de magnifiques images qui jouent avec les flous et les couleurs. L’ambiance est posée, elle sera celle d’un doux cocon dans lequel évolue deux sœurs fusionnelles, Marine (Marie Denarnaud) et Lisa (Mélanie Laurent) et leur mère (Clémentine Célarié). Mais leur équilibre féminin est rompu par l’irruption d’un homme, Alex (Denis Ménochet), qui séduit Marine. Toute entière dévouée à son amour naissant, la jeune libraire, délaisse un peu trop sa famille au goût de sa soeur. Elle le lui reproche, prend de la distance. Mais Marine est victime d’un grave accident et plonge dans le coma. Pour surmonter cette épreuve, autour d’elle, sa famille s’agrandit en cherchant un nouvel équilibre.
Mélanie Laurent a parfaitement su retranscrire l’attente des personnages sans ennuyer le spectateur. Elle montre ainsi la place que prennent certaines personnes dans la vie des autres, leur impact sur leur quotidien et la force qu’elles offrent. Ses acteurs campent à merveille une palette d’émotions et de réactions aussi touchantes que vraisemblables. En revanche, il est dommage qu’étant aux commandes, elle ne se soit pas octroyée un rôle différent. Le personnage de Lisa n’est en effet pas étranger à sa filmographie passée. On retrouve en cette héroïne, malgré la justesse de l’interprétation, des traits de caractères, des mimiques déjà vus dans Et soudain tout le monde me manque ou même Je vais bien ne t’en fais pas. L’émotion est présente, palpable dans Les adoptés sans pour autant être outrancière. Avec un tel sujet, il aurait été facile d’abuser de la corde sensible des spectateurs. Heureusement, la jeune réalisatrice nous en préserve. Les adoptés parle des montagnes russes de la vie et des combats qu’il faut mener pour ne pas en perdre de vue la beauté.

Un premier film qui s’avère très affirmé, avec une manière de dévoiler en images et raconter par touches précises une histoire, très personnelle, entre humour et tendresse, avec des partis pris de réalisations intéressants et plaisants. Les adoptés a déjà reçu deux prix et Marie Denarnaud, pour qui Mélanie Laurent a écrit le rôle, est présélectionnée pour les Césars 2012, catégorie meilleur espoir féminin.

La bande-annonce des Adoptés, en salles depuis le 23 novembre.

Photo : © StudioCanal
Anne-Laure Bovéron, muze

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