Pour son sixième album, La place du fantôme, La Grande Sophie s’offre une virée dans les dédales de l’introspection et de la mélancolie.

«Tu fais ton âge
Ça donne le vertige
Ça file bien trop vite
Le temps est sans pardon
Tu fais ton âge
Même si je sais très bien
Que ce n’est pas si facile
D’attraper le poison»

Récompensée par les professionnels (Victoire de la révélation scène en 2005 et le Grand Prix de l’Académie Charles Cros en 2009) et suivie par le public, La Grande Sophie est une digne représentante de la chanson française féminine.
Avec La place du fantôme, elle se dévoile plus mélancolique qu’à son habitude. Elle s’expose, sa part d’ombre et les traces de ses identités avec. Dans ses dix titres sans phare qui évoquent tour à tour le poids de la solitude (Ma radio), le frisson de la rupture, de l’absence et de la mort (Bye Bye etc, Sucrer les fraises), la caresse des doutes, des regrets et du temps qui passe (Tu fais ton âge, Peut-être jamais, Ne m’oublie pas, Ecris-moi), elle confie l’existence d’un manque, d’un fantôme qui la hante sans vraiment dévoiler son visage. Elle le personnalise en le nommant Suzanne. Et c’est une douce Suzanne réconfortante qui clôt avec elle l’opus. Sur des mélodies rythmées ou mélancoliques, la chanteuse s’entoure de percussions, de guitare, de sonorités électro et de recherches musicales, mélange l’acoustique et le synthétique avec finesse. Un bel album à découvrir.

Le clip du premier extrait de l’album, Ne m’oublie pas, réalisé par Valérie Pirson.

 

Le site officiel de l’artiste : www.lagrandesophie.com.fr
La place du fantôme, Polydor / Universal, disponible depuis le 13 février 2012

Anne-Laure Bovéron, Muze

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