Lore, adapté du roman « La chambre noire » de Rachel Seiffert, est le second film de l’australienne Cate Shortland. Il a obtenu le prix du public du festival de Locarno. A la fin de la seconde guerre mondiale, le chaos règne en Allemagne. Hitler mort, ses représentants et exécutifs sont perdus. Ils entraînent dans leur chute leur famille. Il en va ainsi pour celle de Lore, une adolescente élevée dans les préceptes de la jeunesse hitlérienne.

Ses parents partis, Lore se retrouve seule avec sa sœur et ses trois frères. Elle doit les conduire à pied à des kilomètres de la Forêt Noire où ils sont retranchés. Grandir implique pour elle la désillusion, l’abandon et la violence. La mort, la misère jonchent leur chemin. L’incompréhension face à la réalité des camps éclate ici ou là. Et Lore comprend. Elle comprend que ses parents n’étaient pas des héros, mais de simples êtres humains, aux failles et faiblesses tout aussi humaines. Que Hitler qu’on lui présentait comme un bienfaiteur a menti, trahi, tué. Son adolescence, son éducation, et avec elle ses croyances, explosent. Mais elle doit protéger ses cadets et les mettre en sécurité au-delà d’Hambourg, dans la maison de leur grand-mère. Au cours de ce périple, ils rencontrent Thomas, rescapé des camps. Méfiante, terrorisée et encore marquée par les idéaux de ses parents, Lore peine à accepter son aide, à se laisser approcher. Elle n’a pourtant guère le choix.

Un film intense sur la perte de l’innocence. Saskia Rosendahl incarne magnifiquement Lore. Dans l’ensemble, les dialogues sont rares, tout passe par le regard des acteurs et par les images. Certains diront peut-être qu’elles sont trop belles et desservent le propos, mais elles participent, avec l’attention porté aux détails, à l’étrange lueur de ce subtil portrait.

Bande-annonce

Anne-Laure Bovéron, Muze

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