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Harold Cobert est philosophe et romancier. Vous avez pu lire son interview dans le dossier « La condition masculine » (muze, printemps 2013, actuellement en librairie). Son nouveau roman, Au nom du père, du fils et du rock’n roll, annoncé dans nos pages, sort aujourd’hui en librairie.

Au nom du père, du fils et du rock’n roll : portrait d’une filiation

L’adolescence de Victor n’est pas sans heurt. Impulsif, têtu, volage, parfois volontairement méchant, il impose ses désirs et manigance pour parvenir à ses fins. Sa meilleure alliée n’est autre que sa mère, qui cède à ses caprices et oublie dans un « mon Victor chéri » ses travers. Du côté de son père, Christian, ce n’est pas si simple. Leur relation est tendue, mêlée pour Victor de rancœur et de désir de vengeance, pour Christian, d’un fond de culpabilité. Aux yeux de son fils, Christian est coupable d’avoir fait exploser le cocon familial en s’aventurant dans les bras d’une autre femme après douze ans de mariage.
Tant bien que mal, Christian tente d’ériger à la fois une ligne de conduite et un lien avec « sa tête de babouin » de fils. Parfois décontenancé par l’attitude de son enfant, notamment envers l’institution scolaire et les filles, il ne sait pas toujours comment réagir. Victor en profite. Mais il ignore que dans ses veines coule la même révolte que celle à laquelle son père a renoncée. C’est un fait bien connu, les enfants ignorent qui sont leurs parents.
A travers le portrait des jeunes années de Christian, et avec en toile de fond l’ombre de son père violent et égoïste, Harold Cobert plonge dans la France des années 1960 et 1970. Un vent de liberté souffle. Christian se prend au jeu, s’entoure de ceux qui deviendront ses meilleurs amis et s’érige au sommet des soirées underground. Il devient à vingt cinq un DJ reconnu et prisé. Il écrit pour un magazine musical, cumule études et petits boulots. Insouciant et travailleur, il brûle ses étés sur les plages de la côte Basque. Mais d’une rencontre estivale inattendue découle finalement le lot des obligations. L’heure d’assumer et d’assurer sonne.
De cette foule d’anecdotes, Victor n’a pas connaissance. Pris dans sa crise d’adolescence, dans son désir d’exister, il n’a conscience ni de l’histoire de son père ni de ses sacrifices pour l’élever. Mais en grandissant, en découvrant ses propres sentiments, ses propres élans et surtout en partant étudier au Québec, il doit avouer qu’il ne connaît pas son père…
Harold Cobert signe avec Au nom du père, du fils et du rock’n roll un roman touchant, drôle et vivifiant sur la paternité, les générations, mais aussi un beau portrait de trois générations. Soutenu par une construction narrative entretenant un rythme endiablé, ce roman se dévore d’une traite.

Le petit plus du roman : la BOL (bande originale du livre) en fin d’ouvrage.

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En librairie le 04 avril 2013
Editions Héloïse d’Ormesson
240 pages, 17€

Anne-Laure Bovéron, Muze

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