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Muze vous propose aujourd’hui une troisième sélection de romans de la rentrée littéraire 2013.

Véronique Ovaldé «La grâce des brigands »
Editions de l’Olivier, 288 pages, 19,50€
En librairie le 22 août 2013

Maria Cristina Väätonen habite Santa Monica. Elle a laissé derrière elle une enfance et une adolescence malmenée par les obsessions et les interdictions maternelles et l’indifférence paternelle. Son père l’a poussé à fuir Lapérouse, une ville du grand nord, et son avenir sans horizon. L’université la réclame. Finalement, Maria Cristina devient romancière, une romancière saluée dès son premier roman publié à 17 ans, « La vilaine soeur ». Elle mène une vie de sans famille, mais avec une colocataire aussi loufoque qu’attachante et un employeur-mentor-amant déluré, caractériel et désargenté. Pour la jeune femme, Lapérouse, ses jupes plissées, ses toilettes au fond du jardin et la folie des femmes de la tribu est loin. Enfin, jusqu’au coup de fil de sa mère.
Véronique Ovaldé maîtrise sur le bout des doigts la mystique des contes contemporains ou l’étrange, l’humour et la gravité fusionnent dans le mélange unique de sa plume. Cette fiction, traitant notamment de l’énergie créatrice issue de la culpabilité et du brûlant désir d’émancipation familiale, fait encore une fois preuve de son talent, de son sens de l’observation de l’âme humaine et des formules.
Extrait : « Il y a toujours ce moment parfait où vous détachez les cordes qui étaient nouées à vos poignets, les cordes y laissent leurs marques et leur brûlure et elles y laisseront longtemps leurs marques et leur brûlure mais quel plaisir de pouvoir regarder vos poignets, de le faire plusieurs fois par jour et de n’y voir que la trace du cordage et pas le cordage lui-même. »

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Laure Adler «Immortelles »
Editions Grasset, 368 pages, 19€
En librairie le 28 août 2013

Judith, Suzanne et Florence : trois prénoms, trois personnalités et pour point commun une amitié flamboyante avec la narratrice et la fougue de la jeunesse. Elles sont toutes les trois différentes et ont toutes les trois influencé, marqué, chaviré l’existence de la voix de ce roman. Au coeur des années 1960 et 1970, les jeunes filles se mesurent à la vie, aux désirs, aux obstacles…
Il n’est pas utile de détailler qui sont ces jeunes femmes ni la manière dont elles tracent des sillons dans les souvenirs de la narratrice. Laure Alder le fait très bien et on se glisse, grâce à ses mots précis, dans l’histoire de cette construction identitaire travaillée par ces alliances féminines avec un naturel déconcertant et une compréhension surprenante. Le roman est dense, les événements nombreux, les initiations multiples, et pourtant, tout est fluide. « Immortelles » vous happe. Bien plus que des portraits de jeunes femmes, Laure Adler offre, dans son premier roman, des rencontres.

Extrait :
« Florence avait le goût de disparaître. Cela avait commencé très tôt. Elle s’absentait sans que personne y prenne garde. Pourtant, son visage changeait d’expression. Elle n’était plus là pour personne. Peut-être même pas pour elle-même. Ensuite, dès qu’elle en a eu la possibilité concrète, elle a fait des fugues : loin, pas loin, peu importait. Il lui suffisait de prendre des trains et de s’arrêter, par hasard, dans une gare. C’était la sonorité du nom qui brusquait sa décision. Enghien-les-Bains, Milly-la-Fôret, Montreuil-sur-Mer.
Elle revenait vie, souvent encadrée par les flics. Pas penaude. Non, plutôt fière. »

9782246809012-G

 

Vonne van der Meer «La femme à la clé »
Editions Héloïse d’Ormesson, 208 pages, 18€
Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin
En librairie le 29 août 2013
Lire le premier chapitre

Nettie est veuve. Ses enfants sont grands, ses finances dans le rouge et son moral au ras des pâquerettes. Il lui faut une activité qui lui permettra de conjurer l’imminente déchéance. Mais que faire à son âge sans expérience professionnelle valorisante ? De son bref parcours d’enseignante, elle a retenu que le meilleur moment de sa journée était celui de la lecture. Aussi, Nettie a une idée. Après avoir tourné dans tous les sens quelques mots, elle publie une annonce : « Femme, 59 ans, d’apparence maternelle, hanches larges, voix agréable, vient vous border et vous faire la lecture avant que vous vous endormiez. Discrétion assurée. Intentions sexuelles totalement exclues. » C’est décidé, elle sera lectrice nocturne et à domicile. Et cela sera son secret, dans un premier temps au moins. En achetant le sac idéal lui permettant de trimballer tous les ouvrages qu’elle souhaite, Nettie ignore que ce choix qui lui donne du fil à retorde sera bientôt le cadet de ses soucis. Se faufiler au cœur de la nuit, auprès d’hommes et de femmes de tout âges, va lui offrir dans leur vie une place, des responsabilités, des émotions bien plus importantes qu’elle n’aurait pu l’imaginer…
Un roman touchant sur des parcours de combattants qui se croisent, se répondent et se dévient des abîmes les uns les autres.

 

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Les deux précédentes sélections sont en ligne ICI et ICI.
Bonne lecture !

 

Photo : Stanley Kubrick
Anne-Laure Bovéron, muze

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