journees des femmes

 

Du 8 mars au 20 mars 2015, participez aux Journées des Femmes. Elles sont organisées par le service culturel de l’Université Paris-Sorbonne et sont réparties sur plusieurs établissements parisiens.

Au programme de ces journées interdisciplinaires : concerts, débats (Les inégalités liées au genre dans l’université, Entrepreneuriat, Recherche et esprit d’entreprendre au féminin, Prostitution -en anglais), expositions (dessin, photographie), lecture (Les précieuses dans les salons littéraires du XVIe siècle), projection (Moi qui duperais le bon dieu de Maria Pinto), ateliers et masterclass (Créer au Féminin, Cherchez la femme : production audio-visuelle et stéréotypes de genre, Femmes combattantes d’hier et d’aujourd’hui : autour de Penthésilée), conférences (Genre et autorité, Genre, médias et communication) et des séminaires à la Sorbonne

Pour consulter l’intégralité du programme  cliquez ici.

 

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Sophie Albert, enseignante-chercheuse en littérature du Moyen Age à la Sorbonne, chargée de mission « Vie culturelle et ouverture sur la cité » dans la délégation « vie étudiante » revient sur cette manifestation.

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muze : Comment avez-vous eu l’idée de ces Journées des Femmes ?
Sophie Albert : Il y a deux contextes. Le premier est celui de la Sorbonne, celui d’un projet interne à l’université. Nouvellement arrivée à l’automne 2012 à la délégation de la vie étudiante et culturelle, je souhaitais, avec l’équipe qui venait de se former, donner plus de dynamisme au secteur de la vie étudiante. Nous voulions avoir un calendrier qui fédère la communauté étudiante autour de certains événements nationaux ou internationaux. Nous avons constaté que rien n’était fait autour du 8 mars et de la Journée de la femme. Or, à la Sorbonne, la majorité des étudiants sont des étudiantes.  Il était utile et nécessaire de donner une place à l’université à des questions sociales et sociétales très importantes. Ouvrir les activités de l’université, et notamment la vie culturelle, sur le champ social, sur la cité et la société est l’une de mes missions. L’idée essentielle était de faire de l’université un lieu d’expression et de réflexion sur des questions posées par ailleurs dans la société et de sensibiliser, d’initier l’ensemble des étudiants à ces interrogations.

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muze : En trois ans, avez-vous apporté des changements à ces rencontres ?
S. A. : Sur le plan institutionnel, la manifestation est passée de Paris-Sorbonne à Sorbonne Universités : nous faisons partie d’une communauté d’universités et d’établissements qui rassemble, outre Paris-Sorbonne, l’UPMC, l’UTC, le MNHN… Or toutes les formations et tous les champs disciplinaires sont potentiellement concernés par les questions liées aux femmes et au genre. Nous avons aussi développé davantage d’ateliers pratiques, afin d’offrir aux étudiants la possibilité de développer une approche plus incarnée de ces questions.

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muze : A qui s’adresse cette manifestation ?
S. A. : Elle s’adresse aussi bien aux étudiantes qu’aux étudiants de la Sorbonne. Il est évidemment hors de question de tenir un discours contre les discriminations tout en en pratiquant soi-même. Par ailleurs, si les ateliers de pratiques artistiques sont davantage destinés au public étudiant, tous les concerts, les conférences et les journées d’études sont libres d’accès (sur inscription pour les rendez-vous dont les places sont limitées), ainsi que le vernissage d’inauguration du mardi 10 mars.

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muze : Quelle est la mission des Journées des Femmes ?
S. A. : D’ouvrir à des réflexions sur la société, la cité, sur la place et les places des femmes et du genre. Nous avons lancé les Journées des Femmes en 2013, soit à une date antérieure au débat sur le mariage pour tous, par exemple. Le terme de genre ne cristallisait pas encore les passions. Dès l’édition 2014, cette mission de réflexion académique et distanciée a trouvé des échos d’autant plus aigus que la notion même de genre a surgi avec force dans le champ politique. Initialement, ces rendez-vous n’étaient pas destinés à prendre position. Aujourd’hui encore, nous prônons des approches multiples et nous ne défendons pas un message unique sur ces questions. Pour autant, le fait même qu’il existe à présent des Journées des Femmes à la Sorbonne est en partie perçu comme une prise de position, comme une manière de s’inscrire dans le débat public. Les questions liées à la place des femmes ne sont pas résolues et il est nécessaire de réfléchir à ce que l’on place derrière le terme genre, de réfléchir à des manières plus souples de définir ou de ne pas définir les rôles genrés dans notre société…

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muze : Quels sont les principes qui orientent les rencontres et ateliers des Journées des Femmes ?
S. A. : Il s’agit d’inscrire la question des femmes et du genre dans une perspective transversale, et cela à deux niveaux. D’une part à travers l’interdisciplinarité. Les questions du féminisme, les représentations du genre ne sont pas réservées au champ politique ou sociologique. Ce sont des questions que l’on peut poser dans beaucoup de disciplines à l’université. Ainsi, lors de ces Journées vont participer aussi bien des spécialistes de la littérature, de la musique que des sociologues et des historiens… D’autre part, la transversalité s’exprime à travers la réunion et la collaboration des différentes sphères de l’Université. Au départ, les Journées étaient organisées par le pôle de la vie étudiante. L’an dernier, le service culturel a pris en charge l’organisation, car nous nous sommes rendu compte que ces rencontres intéressaient beaucoup d’artistes. Nous étions plutôt du côté culturel et artistique qu’à proprement parler de la vie étudiante. Depuis lors, nos efforts ont consisté à articuler le plus étroitement possible les domaines de la recherche, de la formation et de la vie culturelle. Nous essayons de faire collaborer les différents domaines de la vie universitaire, parfois trop cloisonnés, pour que naissent un dialogue et un équilibre entre les points de vue sur la place des femmes.

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muze : Comment choisissez-vous les intervenants et les artistes présents ?
S. A. : Il y a une part de hasard heureux. Nous sommes parfois sollicités par des artistes, comme la photographe Catherine Cabrol en 2014 ou la metteure en scène Catherine Boskowitz cette année. Ces collaborations apportent aux étudiants un contact avec des milieux auxquels ils aspirent souvent mais sans les connaître réellement, et les éclairent sur des manières de penser la place des femmes complémentaires aux discours universitaires – et souvent, plus « incarnées ». Les réseaux des enseignants-chercheurs impliqués dans les Journées comptent aussi : plusieurs artistes ou intervenants nous ont été conseillés par des collègues au fait des problématiques liées aux femmes et au genre. Mais nous veillons à ce que ces réseaux soient pluriels, pour éviter de privilégier un point de vue sur les femmes et le genre plutôt qu’un autre. L’intervention des étudiants est quant à elle toujours bienvenue. Cette année une association d’étudiants de la Sorbonne et un syndicat local proposent deux débats ; un étudiant en histoire de l’art a participé à la charte graphique et à la réalisation des documents de communication, et exposera les dessins qu’il a effectués pour ceux-ci. Nous espérons que ces Journées seront l’occasion pour les étudiants de s’emparer de ces questions et qu’elles leur permettront de s’exprimer. D’année en année, je constate une implication et un engagement plus grands des étudiants, dont les retours sur ces Journées, sur les ateliers, les rencontres sont toujours positifs. En particulier, les journées transdisciplinaires des étudiants de master sur le genre ont fait l’objet les deux années précédentes de réactions enthousiastes, et d’une véritable gratitude vis-à-vis des enseignants organisateurs.Enfin, une équipe d’enseignants-chercheurs de plus en plus nombreuse s’est mobilisée pour collaborer à l’organisation des Journées. A l’université Paris-Sorbonne, nous sommes en retard ou, du moins, en retrait sur le traitement académique des questions liées aux femmes et au genre ; il n’existe par exemple aucun master dédié. Néanmoins ces questions sont abordées dans différents cours, de la licence au doctorat, et ce dans toutes les UFR de l’université. Nos efforts ont tendu dès la première année à recenser ces cours, de manière à mobiliser les enseignants-chercheurs. Nous les mettons à l’honneur dans cette troisième édition, à travers la rubrique du site et du programme « Et toujours… Cours et séminaires ».

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Informations pratiques
Journées des Femmes
Du 8 mars au 20 mars 2015
Site web officiel : www.culture.paris-sorbonne.fr/journeesdesfemmes

La manifestation se répartit sur plusieurs sites :
– Centre Clignancourt, 75018 Paris
– IMI, 75003 Paris
– Maison de la recherche de Paris, 75006 Paris
– Réfectoire des Cordeliers, 75006 Paris
– Sorbonne, 75005 Paris
– UPMC, 75005 Paris

Comité d’organisation :
Coordination :
Sophie Albert, chargée de mission « Vie culturelle et ouverture sur la cité »

Comité scientifique :
Rachele Borghi, enseignante-chercheuse en Géographie
Beate Collet, enseignante-chercheuse en Sociologie
Catherine Deutch, enseignante-chercheuse en Musique et Musicologie

Programmation et logistique : service culturel de Paris-Sorbonne
Yann Migoubert, chef du service
Samuël Mahé, chef adjoint
Myriam Toumi, coordinatrice de projets

Représentants de Sorbonne Universités :
Denis Labouret et Magali Dulau, respectivement directeur et chargée de mission de la coordination «vie de Campus»

Avec la collaboration pour les documents de communication de Yohann Propin, étudiant en M1 d’Histoire de l’Art

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