mustang Deniz Gamze Ergüven muz

Dans un village turc juché dans les montagnes à plus de 1000km d’Istanbul grandissent cinq soeurs âgées de 16 à 12 ans. Orphelines, élevées par leur grand-mère, elles sont très unies et très libres, un peu trop peut-être pour certains. Le quotidien s’écoule loin des traditions et des limites que semble leur imposer le fait d’être de (futures) jeunes femmes.
Le dernier jour d’école, elles s’arrêtent sur la plage et jouent, sur les épaules des garçons, à se faire tomber à l’eau. Mais ce jeu d’enfant les fait basculer dans un monde de règles, d’interdits, de cours de cuisine, de barreaux aux fenêtres et de robes informes. Sonay, Selam, Ece, Nur et Lale doivent affronter les nouvelles lois de leur oncle, de leur grand-mère, de tout un village bien décidé à les conduire de gré ou de force, sur le bon chemin. Bientôt, elles ne vont plus à l’école, ne rient plus, subissent des tests de virginité, sont mariées de force les unes après les autres. Mais Lale, la plus jeune, observant les rituels qui la séparent de ses aînées et la prive des plus élémentaires libertés, ne l’entend pas ainsi. De cette maison labyrinthique où l’horizon est le seul espoir, elle compte bien fuir.

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Un premier long métrage bouleversant où les rires et les larmes se succèdent, où la barbarie ordinaire côtoie la poésie. Dans une Turquie contemporaine, les consciences s’affrontent entre un désir de modernité et le retour du conservatisme. Les images d’une grande beauté, le jeu irréprochable des cinq jeunes actrices (et notamment de Güneş Nezihe Şensoy qui interprète Lale), les répliques sans détour, les sourires de ces cinq enfants, donnent au film de Deniz Gamze Ergüven, une aura puissante et suave, un discours politisé aussi.

Une ode à la liberté et aux droits des femmes turques, aussi indomptable qu’un cheval au galop, aussi percutante que les coups de revolver tirés lors des mariages. Insolentes et touchantes, rusées et blessées, les cinq petites héroïnes entendent bien vivre, respirer un air plus frais loin de l’atmosphère pestilentielle de cette maison et des regards réprobateurs d’une société qui semble malade de ses propres contradictions. Un film non seulement lumineux et fort, mais aussi nécessaire. Il montre ce que cela signifie aujourd’hui d’être une jeune fille dans certaines régions de la Turquie.

 

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Actuellement en salle
Mustang de Deniz Gamze Ergüven

 Anne-Laure Bovéron, muze

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