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Cinq ans (dont deux de tournée) après leur deuxième opus, le duo français AaRON fait son retour sur le devant de la scène avec We cut the night. Attention, beauté.

 

Le parcours d’AaRON depuis U-turn (Lili) et la bande originale du film Je vais bien ne t’en fais pas de Philippe Lioret adapté du roman éponyme d’Olivier Adam est des plus remarquables. Ils n’avaient déjà pas à rougir de leur premier album Artificial Animals Riding on Neverland (2007) mais force est de constater que le chemin parcouru depuis est assez impressionnant. Et cela en seulement deux albums. Déjà en 2010 avec Birds in the Storm, l’évolution était notable. Mais avec We cut the Night Simon Buret et Olivier Couriser franchissent un nouveau cap vers l’éblouissement musical.

 

Sur leur dernier (et donc troisième) album, le duo a concocté une musique épurée, au cordeau, aux sons presque tranchants mais sans avoir perdu la densité et la profondeur passées. L’écueil des sons gratuits est largement balayé. Oui, We cut the night flirte avec la chirurgie tant les sonorités sont nettes, mais ce disque est aussi d’une réelle puissance, creusant les labyrinthes de la nuit pour en extraire, et la beauté, et la brutalité. Aucune note n’est vaine, la technologie n’est pas ici un artifice mais une porte d’entrée vers une intériorité complexe, sublime, changeante, à l’image de nos nuits. Décomposer les rythmiques des morceaux est un pur bonheur, tout est à sa place entre surprise et douceur.
En dix titres (en anglais sauf Blouson Noir où le français intervient), AaRON vous transporte hors du monde et au coeur du monde. Chaque écoute est une redécouverte. Le duo vous fait lâcher prise avec des rythmes, aux accents parfois disco, imparables et vous font abandonner la terre ferme avec des rythmes entêtants (The Leftlovers, Onassis, We cut the Night), synthétiques (Ride on), enveloppants (Magnetic Road, Maybe the Moon, Invisible Stains) et aériens (Shades of Blue, 02:22) mêlés à la chaleur de la voix, fil d’Ariane.
Dans Birds in the Storm, on sentait éclore le style « mélancolico-électro » d’AaRON. Il prend au coeur de la nuit son ampleur, puisant la lumière de ces heures sombres et plongeant dans la gueule du loup. Un album hypnotique dans lequel chaque note s’empare de vous . Prenez garde, vous pourriez-vous bien devenir accro, comme nous.

 

Anne-Laure Bovéron, muze
Photo ci-dessous : François Berthier


We cut the night
AaRON
Label Cinq7
Dans les bacs le 18 septembre 2015

 

(c) François Berthier (8)

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