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Anne Françoise Brillot, Petit animal sauvage

Fanon a 14 ans. Elle grandit de guingois au sein d’une famille éclatée. Heureusement, elle a des amis. Ils vivent dans la cité à côté de chez elle. Elle quitte régulièrement le pavillon familial pour les rejoindre. Elle ne veut qu’une chose : passer de bons moments sans compte à rendre. Mais cela n’est pas si simple, même pour une adolescente. Un soir, elle invite deux garçons chez elle. Ils vivent un temps avec sa mère, sa petite soeur et elle. Mais la réputation de ces jeunes hommes s’avèrent exacte : ils sont dangereux, fous. Fanon a précipité les siens dans la peur. Elle devra les sortir de ce mauvais pas.
Un premier roman poétique et cru à la fois. Un portrait par touches d’une adolescence un peu rebelle, un peu perdue. Blessée dans l’enfance, Fanon ploie sous la rage. Elle croit s’affranchir de sa peine et de sa rage grâce à un quotidien détaché de toutes obligations. La chute n’en est que plus douloureuse.

Anne-Laure Bovéron, journaliste muze

Anne-Françoise Brillot,
Petit animal sauvage

Editions Mercure de France, 128 pages, 12,50€
En librairie le 1er septembre 2016

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Pénélope Bagieu, Les culottées

Compilation des portraits de femmes exceptionnelles mais souvent méconnues publiés sur le blog du Monde par Pénélope Bagieu. Première gynécologue, Agnodice est une grecque du IVème av JC; impératrice de Chine au VIIème siècle, Wu Zhao n’était certainement pas destinée à régner; exploratrice du XXème siècle, Delia Akeley a été la première femme à traverser l’Afrique d’est en ouest, etc. On retrouve avec plaisir le trait léger de Pénélope Bagieu et son humour au second degré, bonne occasion de rendre hommage à ces femmes que l’histoire officielle a négligées.

Stéphanie Janicot, rédactrice en chef

Pénélope Bagieu,
Les culottées
, Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent
Editions Gallimard, 144 pages, 19,50€
En librairie le 22 septembre 2016

9782070601387

Nina Bouraoui, Beaux rivages
Beaux rivages c’est le roman de la fin d’un amour, d’un homme qui quitte une femme après 8 ans d’amour. Une intrigue simple, voire banale, déjà maintes fois abordée dans la littérature… Et pourtant, Nina Bouraoui pousse les portes de l’ntimité amoureuse avec délicatesse. Elle se glisse au plus près de la blessure de A., la femme abandonnée. Elle dissèque les réactions de A., ses recherches sur sa rivale, ses chutes, ses égarements. La lumière n’est pourtant pas si loin… Un roman dans lequel on entre sans peine, qui met en mots certains sentiments difficiles à exprimer et pourtant tellement puissants au coeur de la tourmente amoureuse.

Anne-Laure Bovéron

Nina Bouraoui
Beaux rivages
Editions JC Lattès, 250 pages, 19€
En librairie le 24 août 2016

9782709650526-001-X

Elitza Gueorguieva, Les cosmonautes ne font que passer
La narratrice est bulgare. Elle a 7 ans. Elle découvre Gagarine et décide de devenir elle aussi cosmonaute ! L’affaire est sérieuse, pour elle en tout cas, la fillette est motivée, mais la réalisation de son rêve s’annonce plein d’embûches ! L’Histoire de son pays vient bousculer ses rêves, et les désillusions s’enchaînent. La fillette se débat au moyen de ses parents un peu absents, de son grand-père communiste émérite, d’une amitié imposée qui deviendra essentielle… Un premier roman au ton absolument délicieux, plein d’inventivité. Elitza Gueorguieva replonge dans les incompréhensions et les rêves changeants de l’enfance, dans les volte-faces de l’histoire. Le tout sur fond d’évolution politique et sociétale. Un petit régal !

Anne-Laure Bovéron

Elitza Gueorguieva,
Les cosmonautes ne font que passer
Editions Verticales, 184 pages, 16,50€
En librairie le 25 août 2016

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Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres

C’est l’un des livres événements de la rentrée littéraire : mais qui est vraiment Le dernier des nôtres ?
Werner Zilch, cet orphelin adopté par un couple d’Américains modestes qui s’est juré de réussir dans le New York palpitant des années soixante-dix ? Et quel est le lien entre ce garçon séduisant, fougueux et ambitieux, et la mère mystérieuse de celle qu’il aime follement ?
Une double narration très habile nous transporte aux côtés de Werner et de sa belle Rebecca dans une Amérique où tous les rêves sont possibles, et nous fait revivre la fin de la Seconde guerre mondiale ainsi que l’exfiltration du groupe de scientifiques nazis inventeurs du V2 vers les Etats-Unis. Cette fresque talentueuse, deuxième roman d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre après le remarqué Fourrure (Stock, 2010), est promise à un bel avenir, tant le pari de tenir en haleine, d’amuser et d’émouvoir, est tenu.

Les deux fils de l’histoire se rejoindront dans une apothéose romanesque où le suspense et les coups de théâtre s’enchaînent : vous ne verrez pas arriver la fin. Et vous regretterez d’y être parvenu, tant les personnages, même secondaires, seront devenus familiers, comme des proches vous entraînant à leur suite dans un tourbillon d’aventures…

Jessica Nelson
Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Le dernier des nôtres
Editions Grasset, 496 pages, 22 euros
En librairie le 17 août 2016
9782246861898-001-x

Karine Tuil, L’insouciance

Romain Roller est lieutenant dans l’armée. Il achève une mission en Afghanistan. Son moral est en berne, il a perdu trop d’hommes sur le terrain. L’épuisement le gagne. Envoyé à Chypre en séjour de décompression avant de rentrer chez lui, il rencontre une jeune femme, Marion. Elle est journaliste, elle est aussi l’épouse d’un riche entrepreneur, François Vély. Mais l’attirance est plus forte, et Romain et Marion vivent une grande passion une fois de retour en France. Autour d’eux, tout s’assombrit. Le mari de Marion est accusé de racisme. Le travail de toute sa vie est menacé. Osman Diboula, un jeune politique remarqué, fils d’immigrés ivoiriens, prend la défense de François. Osman est aussi un ami d’enfance de Romain. Le cercle se referme.
Dans cet univers clos où chacun se bat pour sauver sa liberté, sa place, son amour, son avenir, les tragédies se croisent et s’emmêlent. Ce monde narré par Karine Tuil dépeint notre société contemporaine et ses violences. Avec une écriture maîtrisée et un sens de la narration, de la psychologie, la jeune romancière offre une oeuvre dense.

Anne-Laure Bovéron

Karine Tuil,
L’insouciance
Editions Gallimard, 528 pages, 22€
En librairie le 18 août 2016

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