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En cette Journée Internationale des droits des femmes, nous vous invitons à découvrir le nouveau titre de Chimamanda Ngozi Adichie, aujourd’hui considérée comme une figure du féminisme contemporain. La romancière, récompensée en 2007 par l’Orange Prize pour L’autre moitié du soleil, traduite en trente langues, saluée pour son roman Americanah, est en effet aussi réputée pour ses prises de position féministes.

Tout a débuté en décembre 2012 lors du TEDxEuston, colloque annuel consacré à l’Afrique. Elle livrait alors son discours We should all be feminists. Pendant une trentaine de minutes, la romancière nigériane qui vit entre Chicago et Lagos, a parlé de son rapport au féminisme, de son expérience personnelle. Les éditions Folio ont publié de cette intervention un texte quelque peu modifié : Nous sommes tous des féministes. En 2013, Beyoncé reprenait une partie de ce colloque dans sa chanson Flawless. Lors du défilé printemps- été 2017, la créatrice de la maison Dior, Maria Grazia Chiuri, a fait porter à ses mannequins un T-shirt blanc imprimé du texte « We should all be feminists ». Le féminisme et les mots de Chimamanda Ngozi Adichie font visiblement des émules.

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Chimamanda Ngozi Adichie revient cette année avec Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe (aux éditions Gallimard). A l’origine, ce manifeste était une lettre à son amie Ijeawele. Jeune maman, Ijeawele a demandé à l’auteure des conseils pour élever sa fille, Chizalum, selon des principes féministes. Cette lettre, que l’auteure précise « légèrement remaniée », présente 15 suggestions. Les éditions Gallimard les partagent d’ailleurs jusqu’au 15 mars sur leur fil Twitter (voir ci-dessous).

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Au fil des pages, Chimamanda Ngozi Adichie évoque ses propres expériences et celles partagées au Nigeria avec son amie Ijeawele, ses constats (notamment dans les magasins de jouets), les remarques entendues, les stéréotypes véhiculés par la tradition, l’importance des mots, des propos tenus aux enfants… Elle replace les conseils qu’elle formule dans le quotidien. Ses éclairages sont des alertes sur les dérapages possibles, sur les pièges du sexisme, du « féminisme light ». (L’auteure explique ainsi ce terme : « C’est l’idée selon laquelle il y aurait des conditions à l’égalité entre hommes et femmes. ») Elle propose également deux outils : ne jamais oublier un postulat de base : « je compte » et la question : « peut-on inverser une proposition X et obtenir le même résultat? ». Dans ce court ouvrage se redéploie sa vision du féminisme contemporain.

 

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Evidemment, ce court manifeste ne sera pas indispensable aux féministes aguerries, aptes à manier sans hésiter les fondements de leur pensée féministe. Il est néanmoins une base très intéressante pour réfléchir à son positionnement, à son rapport à ces questions encore et toujours d’actualité. Cette lecture peut être une mise en garde ou une piqûre de rappel, une sensibilisation comme une base de discussion.

 

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Anne-Laure Bovéron, muze
Photo : Lakin Ogunbanwo

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